PROGRAMME SOCIAL « OPERATION 100 000 FEMMES, HORIZON 2012 »

Depuis sa création en octobre 1999, l’IAI-Cameroun a toujours formé les femmes dans le cadre de ses formations continues à l’instar de « l’opération  100.000 femmes » : une idée qui est née de la remarque faite par certaines participantes sur l’existence d’un nombre considérable de leurs consœurs intéressées par la maîtrise de l’Outil informatique, mais ne disposant pas d’assez de moyens pour supporter les coûts de la formation en individuel.

A cet effet, le Représentant Résident de l’IAI-Cameroun, Armand Claude ABANDA a décidé de classer la formation des femmes dans la catégorie des activités s’insérant dans le  programme social de l’Institut, avec pour principaux effets, la chute vertigineuse du coût de la formation de plus de 80% et le renforcement de la Culture Informatique de Masse.

Lancé en août 2003, le présent Projet, est un Programme social de Formation Informatique au Féminin dénommé « Opération 100 000 Femmes, Horizon 2012 ». Il s’agissait de former 100 000 de camerounaises sur 10 ans à la maîtrise de l’outil informatique. Le Projet intégrait deux principaux volets : la Formation et l’Éducation aux TIC.

 a- la formation

Cette formation, très pratique, se faisait sur de courtes sessions d’une durée de quatre semaines et portait sur les cinq principaux modules suivants :

  1. prise en main de l’Ordinateur ;
  2. traitement de Texte Word I ;
  3. tableur Excel I ;
  4. internet / Niveau I
  5. PowerPoint

   b- Éducation aux TIC

Au cours de chaque session de formation, une ou deux conférences étaient données au profit des femmes pour les sensibiliser sur l’étendue des potentialités des TIC, leur importance ainsi que des dangers sous-jacents à ce phénomène. Une approche qui participe de la mission de l’IAI-Cameroun en relation avec la promotion d’une Culture Informatique de Masse.

a) L’application du principe d’équilibre issu de l’approche Genre.

Alors que plusieurs plans de développement du Continent, initiés au cours des décennies passées ont « oublié » les Femmes, il s’agit aujourd’hui de les placer au départ de la course, dans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre de la « Feuille de Route » du Cameroun face aux défis de la mondialisation : processus dans lequel les TIC jouent un rôle clé.

Á ce titre, l’IAI-Cameroun est déjà assez avancé dans le processus de valorisation de la femme, vu que :

  • la moitié de l’effectif de son personnel est féminin ;
  • Plus de 30% des effectifs au niveau des étudiants sont des femmes ;
  • Plusieurs femmes enseignent à l’I.A.I;
  • Les femmes bénéficient d’un abattement de 10% sur leurs frais de scolarité en cours du soir.

b) La promotion et la vulgarisation des TIC.

Il n’existait aucun critère de discrimination à l’endroit des femmes qui voulaient participer au programme. La seule condition à remplir était d’être une femme. L’Opération était par conséquent ouverte à toutes les couches sociales de la population et sur l’ensemble du territoire camerounais. A propos, dans sa croisade pour l’éclosion et l’épanouissement d’une culture informatique au Cameroun, le leitmotiv de l’IAI-Cameroun est et reste l’Informatique, Partout … et Pour Tous.

a) Le renforcement des capacités féminines de participation au développement et à la lutte contre la pauvreté au travers des TIC :

Doter les Femmes d’outils nécessaires (en relation avec l’Informatique et les TIC), pour lesquels une bonne maîtrise et une meilleure exploitation vont leur permettre d’être beaucoup plus efficaces, chacune dans son secteur d’activité. 

b) La capitalisation et l’extension des opportunités d’insertion professionnelle de la Femme :

Permettre aux femmes de trouver facilement un emploi sur un marché du travail où les TIC jouent désormais un rôle cardinal. Á ce titre, les TIC sont non seulement un instrument de résorption du chômage, mais aussi et surtout un vecteur de lutte contre la pauvreté, parce que créatrices de richesses.

L’Opération « 100.000 Femmes / Horizon 2012 », présentée comme un programme social de Formation Informatique au Féminin tient cette étiquette de deux principales caractéristiques :

  1. Le coût normal des formations dont bénéficiaient les Femmes étaient d’environ

300.000 FCFA. Or, celles-ci ne payaient que 55.000 FCFA au titre  des frais de participation, soit une réduction de plus de 80%. Ce Taux était même encore diminué de moitié dans les Régions, où il était demandé aux Femmes de payer 27.500 FCFA seulement. Elles bénéficiaient ainsi d’une réduction de plus de 90%.

  1. De plus, les couches sociales les plus vulnérables, notamment les handicapés, les filles mères, les veuves et les albinos bénéficiaient d’une formation gratuite de l’opération 100.000 Femmes.

Le Programme concernait toutes les femmes sans exclusive et sans    considération des catégories sociales.

Pour être sûr que toutes les femmes allaient bénéficier des effets positifs du présent programme à court moyen ou long terme, l’IAI-Cameroun a entrepris d’accompagner les campagnes grand-public par des actions en direction de groupes ciblés et bien organisés que sont :

  1. Les femmes rurales
  2. Les jeunes filles sans emploi, les filles-mères
  3. Les jeunes filles souffrant d’un handicap
  4. Les femmes de la Société Civile (ONG, Associations Communautaires de développement, Syndicats, Groupes d’Intérêt)

Les femmes des Administrations Publiques, Parapubliques et Privées ;

Le projet a été parrainé par Madame Chantal BIYA, Première Dame du Cameroun, et sa mise en œuvre était placée sous le patronage du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, se faisait à travers quatre (04) principales phases, à savoir, les sessions métropolitaines, les sessions régionales, les sessions départementales et les sessions d’arrondissement. Il convient de relever ici que les différentes phases étaient abordées successivement et ont ensuite été menées conjointement, pendant le temps qu’a duré le Projet.

La démarche générale de suivi/évaluation auprès des apprenants était matérialisée comme suit:

  • En ce qui concerne le contrôle pendant le déroulement de la formation, il s’agissait, au vu des résultats obtenus par les apprenantes pendant les évaluations formatives, de s’assurer de la bonne maîtrise des différents concepts et de de leur mise œuvre pour leur mettre de réussir aux évaluations sommatives
  • En ce qui concerne le contrôle à la fin de la formation, il s’agissait de vérifier l’appropriation des concepts présentés tout au long de la formation. L’attestation de fin de formation n’était délivrée qu’aux apprenantes ayant obtenus la moyenne de 12/20 sur l’ensemble des modules du programme.

 Relativement au programme proprement dit :

Un comité constitué d’une équipe de 10 personnes était chargé du suivi permanent du Programme ;

  1. Les mécanismes de suivi et d’évaluation du Projet incluaient :
  • des contrôles sur le terrain pour juger de l’évolution des travaux et de l’exécution des Programmes de formation ;
  • des séminaires d’autocritique pour apprécier l’impact du Projet par rapport aux attentes ;
  • la rédaction et la publication des rapports d’activité.
  1. Renforcement des capacités citoyennes des femmes, de la paix, de la stabilité et de la cohésion sociale, grâce à une circulation fluide et un accès à temps réel à l’information et aux connaissances.
  2. Renforcement de l’apport des femmes dans l’économie nationale.
  3. Renforcement de la gestion et du rendement des Associations féminines, considérées en Afrique en général et au Cameroun en particulier comme de véritables outils de développement économique.
  4. Réduction du taux de chômage dans la gent féminine. Car, aujourd’hui il est beaucoup plus facile à une femme qui maîtrise l’Informatique de trouver un emploi, étant donné que presque toutes les offres d’emploi intègrent cette condition ;
  5. Création de milliers d’emplois spécialisés et d’exécution (formateurs, administrateurs, techniciens, chauffeurs, agents de sécurité et d’entretien.
  6. Revalorisation du niveau de qualification professionnelle chez les femmes. Ce qui est susceptible de s’accompagner d’une rationalisation de la gestion institutionnelle et d’un accroissement de leur rendement ;
  7. Création de nouvelles activités génératrices de revenus et basées sur l’utilisation de l’outil informatique et des Technologies de l’Information et de la Communication.
  8. Renforcement de l’autonomie socio-économique des Femmes. Les TIC seraient ainsi un outil d’émancipation et d’épanouissement de la Femme.
  9. Triplement au moins de la capacité et de la rentabilité économiques des administrations et entreprises camerounaises grâce à une informatisation maîtrisée de leurs services et à une exploitation maximale des opportunités qu’offrent les TIC. Prenons comme exemple pratique, le cas de la Commune rurale d’Obala (Petite localité située à une trentaine de Kilomètres de Yaoundé) qui a vu son Compte Administratif passer de 75 à 350 millions de FCFA (125.000 à 583.333 Euros).